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Le foin - différents types et valeur nutritive

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Le foin - différents types et valeur nutritive

Selon le Larousse, le foin est "de l’herbe fauchée puis séchée destinée à nourrir le bétail". Mais en tant que cavalier-propriétaire, il y a bien plus à connaitre sur le foin que cette définition. Nous allons vous présenter ici quelques aspects.

Le foin constitue un excellent fourrage de base pour les chevaux car il et riche en fibres, ce qui est excellent pour leur système digestif. De plus, la consommation de foin occupe le cheval durant de longues heures, ce qui correspond à son rythme de vie naturel (dans la nature, un cheval passe jusqu’à 16 heures à se nourrir). Un cheval qui ne travaille pas ou que très peu trouvera dans le foin suffisamment de matières nutritives pour son alimentation. Des poulains en croissance, des juments portantes ou suitées, des chevaux de sport ou soumis à d’autres efforts importants devraient recevoir un complément.

La valeur nutritive du foin dépend

a) du mélange de plantes récoltées.

b) du moment de la coupe : Du foin coupé très jeune est plus riche que de l’herbe mûre avec beaucoup de tiges. Nous y reviendrons plus loin…

c) du conditionnement : Le foin séché en grange constitue souvent la meilleure qualité mais offre surtout une garantie d’être sec. Du foin récolté dans de bonnes conditions (météo chaude, pas de pluie, temps de séchage suffisant) se conservera bien et présentera de bonnes qualités nutritives. Du foin qui a été bottelé avant d’être suffisamment sec risque de subir une fermentation plus importante. La fermentation consomme des hydrates de carbone et détruit des protéines et des vitamines. Nous reviendrons sur la fermentation plus loin.

d) de sa conservation. Bien entendu, le foin doit être stocké dans un endroit sec et de préférence abrité du soleil. Si la valeur énergétique d’un foin de bonne qualité ne diminue que peu avec le temps, il n’en est pas de même de sa teneur en vitamines qui diminue bien plus rapidement.


 


La composition du foin :

 

Certaines herbes sont plus riches et se prêtent mieux à la production de foin que d’autres. Ainsi un foin constitué essentiellement de luzerne ou de trèfle sera plus riche qu’un foin composé avant tout de raygrass (le Raygrass est une herbe, généralement cultivée). Et le foin composé de raygrass sera plus riche qu’un foin comportant avant tout d’autres graminées. Sans être un spécialiste du domaine et sans connaître les prairies d’où provient le foin, il vous sera difficile de déterminer ce contenu.

Avec un minimum d’exercice, vous pourrez cependant reconnaître si le foin comporte beaucoup de trèfle. Vous devrez faire confiance au producteur.

La fermentation du foin

Le foin séché au sol subit presque toujours une fermentation plus ou moins importante. Bottelé bien sec et dans de bonnes conditions, celle-ci reste cependant minime. La fermentation s’accompagne d’une augmentation de température à l’intérieur des bottes de foin. Si la fermentation est importante, on dit parfois du foin qu’il « chauffe « Ce processus peut aller tellement loin qu’il arrive que des balles de foin prennent feu ! La durée de fermentation peut varier. Il ne faut en aucun cas donner du foin en cours de fermentation, cela peut être à l’origine de coliques ou de diarrhée. Lorsqu’on rentre du foin frais, les précautions suivants s’imposent :

1) surveiller la température du foin frais à l’aide d’une sonde thermomètre, surtout si le foin est suspecté de ne pas être tout à fait assez sec. Si la température dépasse 70°, il faut ressortir le foin de la grange.

2) attendre au minimum 6 semaines (ou mieux 3 mois) avant de donner le foin aux animaux. (en particulier si la température monte !!!)

Une fois la fermentation terminée, le foin ne présente plus de risque pour la santé des animaux. Il aura toutefois perdu de la valeur nutritive et se montre plus poussiéreux lorsqu’on défait une botte.

Le moment de la récolte

On distingue essentiellement 3 types :

a) Le foin de première coupe : Il s’agit de la première pousse d’herbe du printemps récoltée au mois de mai ( ou plus tard lorsqu’on se trouve en altitude) lorsque l’herbe a atteint une certaine hauteur. C’est un foin moyennement grossier, avec peu de tiges dures . C’est un foin qui présente une bonne qualité nutritive. Il est apprécié des chevaux mais doit toutefois être rationné.

b) Le foin « du 15 juin ». C’est le foin provenant des surfaces de compensation écologiques. Ces surfaces ne reçoivent pas d’engrais azotés (à l’exception des engrais de ferme comme le fumier ou le purin). L’herbe qui y pousse ne doit pas être récoltée avant d’être parvenue à maturation. Par conséquent c’est un foin plus grossier avec beaucoup de tiges parfois dures et une valeur nutritive plus basse. Récolté dans de bonnes conditions, c’est un foin qui convient bien aux chevaux et l’on peut le distribuer sans modération. Les chevaux ayant des besoins accrus devraient toutefois encore recevoir un complément. Autre avantage du foin du 15 juin, il est trop pauvre pour des vaches laitières et de ce fait vendu à un prix nettement plus bas que d’autres foins.

c) Le regain : Il s’agit là de la deuxième récolte (ou de la troisième). L’herbe est alors fauchée à un stade plus jeune que pour la première coupe. Cette herbe encore très tendre n’a que peu de tiges et est plus riche en protéines et en calcium. Souvent le mélange contient plus de trèfle car cette plant repousse rapidement et fortement après la première fauche. Le regain est souvent considéré comme trop riche pour les chevaux. On peut bien entendu en donner, mais il doit être strictement rationné. Ce type de fourrage est à éviter pour des chevaux présentant un risque accru de fourbure ou d’autres troubles liés à une alimentation trop riche. Il peut être adapté pour des juments en lactation ou des poulains.

Savoir reconnaître du bon foin :

Malgré son aspect, le foin contient encore 15 % d’eau. Avec ce taux d’humidité, le foin a un aspect parfaitement sec. Les tiges et feuilles doivent être cassantes, si vous pouvez les plier sans les casser, le foin n’est pas assez sec. Un bon foin pour les chevaux

  • a un aspect vert (et non jaune ou brun)
  • sent bon
  • ne fait pas de poussière (resp. peu de poussière)
  • ne forme pas de « paquets » ou « plaques » et surtout, il ne présente pas de moisissures ou de zones noires.
  • est sec : les feuilles sont cassantes
  • est assez grossier (contient beaucoup de tiges)
  • ne contient pas de terre cailloux, branches .. ou pire d’objets pouvant être dangereux (papiers d’aluminium, bouts de fer, plastiques, etc que l’on trouve hélas parfois dans les prairies en bord de route ou proches de lieux très fréquentés.

La ration de foin

Combien de foin donner à un cheval par jour ? Cela dépend évidemment du type de foin, avec un foin riche en légumineuses (trèfle, luzerne…) ou du regain, il faut être un peu prudent, surtout pour des poneys ou autres races rustiques.

Le foin du 15 juin peut en général être distribué à discrétion, si vous le désirez.

D’une manière générale, on compte que 1 kg de bon foin par 100 kg et par jour est une base correcte (si votre cheval ne va au pré et y trouve de l’herbe en abondance, il faut bien entendu en tenir compte). Distribuez le foin en 2, 3 ou plus de rations. Si le cheval est sur une litière de paille il pourra encore en consommer selon son envie.

Selon l’âge, le type de cheval et le travail fourni, il faudra compléter la ration avec un aliment concentré, qui peut être enrichi en sels minéraux et en vitamines.

Et puis laissez toujours à disposition du cheval de l’eau fraîche et du sel (p.ex. sous forme de pierre à lécher).


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Lire les 4 commentaires pour cet article.

Commentaires pour cet article

enregistré le 19.08.2008 par charlot

Merci

Un grand merci à l'auteur de cette article, tout y est très bien expliqué et répond à toutes les questions que je me pose depuis longtemps et qui sont restées sans réponses chez la plus part des paysans à qui j'ai posé la question.

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enregistré le 15.09.2008 par NicoleWaddell
Merci pour cet excellent article, dommage que la plus grande partie des proprietaires d'ecuries, ne s'interresent que tres peu au foin

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enregistré le 10.10.2008 par NicoleWaddell

Le foin

Dans l'article vous ne parlez pas des glucides que l'ont peut trouver dans le foin, savez vous si nous pouvons trouver du foin pauvre en sucre mais de bonne qualité, en prévention des fourbures et de l'embonpoint chez nos chevaux

Réponse: L'article ne dit pas tout, c'est juste. On pourrait écrire des livres entiers sur le sujets (d'ailleurs ca existe...). A ma connaissance un foin du 15 juin p.ex ne provoquera ni embonpoint, ni fourbures... Concernant les fourbures, on a établi une correlation entre les fructanes et l'apparition de fourbures. Les fructanes sont des sucres que l'on trouve avant tout dans la jeune herbe et ceci en plus grande quantité lorsque la température est basse (au moins la nuit). J'ignore ce que deviennent ces sucres dans le foin..mais en préférant une herbe plus mûre, je pense que l'on ne court guère de risque à ce niveau là.



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enregistré le 21.11.2008 par Macarena

Merci, cet article est très intéressant.

Alors, si je donne du foin du 15 juin à un poney schet., je ne suis pas obligée de trop le rationnaliser?

Réponse: Avec un shetland, je rationnerai quand même un peu.. ca dépend du poney et du fait qu'il travaille ou non. Mais de toute façon ca l'occupera mieux de pouvoir passer plus de temps à manger pour une même valeur énergétique qu'avec un aliment plus riche.  




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Enregistre 16.07.2008


 
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