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Ces chevaux de trait en voie d'extinction... (Partie 2)

Le Boulonnais
Le Boulonnais, surnommé le « pur-sang des chevaux de trait » ou le « colosse en marbre blanc », est un cheval de trait originaire du Boulonnais, sur la côte de la Manche. Pour la petite légende, son origine trouverait sa source dans l'Antiquité, avec l'arrivée d'étalons orientaux. Une couleur de pur sang arabe, dans un corps robuste et solide, à l'image de sa région natale.
Le Boulonnais convoie des chargements de poisson frais entre Boulogne-sur-Mer et Paris, jusqu'à l'arrivée des chemins de fer en 1850. Il est aussi utilisé dans l'agriculture, principalement dans les champs de betteraves, et se voit de plus en plus sélectionné pour sa morphologie forte et puissante. Après la Première Guerre Mondiale, l'arrivée du tracteur et la modernisation des moyens de transport met la race en péril. Aujourd'hui, le Boulonnais fait partie des races de trait les plus menacées, en raison de son taux de consanguinité préoccupant et de la baisse régulière des nouvelles naissances constatées au début du 21ème siècle.
D'un point de vue morphologique, le Boulonnais est grand, et sa robe souvent grise. Il est principalement élevé pour sa viande très bon marché, et est de plus en plus utilisé en attelage. Les préoccupations écologiques actuelles permettent néanmoins progressivement au Boulonnais de faire son retour dans l'entretien des vignes, grâce à sa force de traction et à son énergie débordante, plutôt rare chez les chevaux de trait.

Le Breton
Comme son nom l'indique, le Breton est originaire de Bretagne. Le cheval Breton est massif, musclé, petit, et principalement de robe alezane. Il est issu de petits chevaux locaux robustes, et sa race évolue dès la fin du XVIIème siècle sous l'influence de différents croisements. Parmi les qualités du cheval Breton, on retrouve un amble confortable et une force de traction hors du commun. Malgré cela, une forte réduction des individus de cette race est notée dans le courant des années 1970. Il est alors utilisé pour la production de viande, principalement exportée vers l'Italie. Il faudra attendre les années 1990 pour que le Breton retrouve ses anciennes fonctions de cheval d'attelage. Aujourd'hui considéré comme l'un des chevaux de trait les plus puissants, il entretient les espaces verts et valorise les pâturages de moyenne montagne.
Historiquement, différents types de chevaux Bretons ont existé, chacun provenant de biotopes différents. On en connaît aujourd'hui deux, à savoir le Portier Breton, à l'origine un cheval de poste utilisé pour l'attelage et les champs, et le Trait Breton, grand et puissant, destiné au trait lourd agricole.  

Le Cob Normand
Le Cob Normand est un cheval carrossier, originaire de Basse-Normandie. Il est issu du carrossier normand du XIXe siècle, cheval de traction légère croisé avec le trotteur Norfolk. Au XXème siècle, le Cob Normand est croisé avec le Pur Sang en vue de créer le Selle Français, cheval de sport très réputé d'aujourd'hui.

Le Cob Normand est un cheval de taille moyenne, compact et plutôt léger. Il est de robe baie, alezane, ou noire pangarée.  

Principalement répandu dans la région du haras national de Saint-Lô, qui s'investit en sa faveur, son effectif est resté relativement stable ces dernières années. La qualité de ses allures, et son tempérament courageux en font un excellent cheval d'attelage. Il est aussi très agréable sous la selle et s'adapte à la plupart des disciplines équestres.

Le Poitevin Mulassier
Egalement appelé trait mulassier ou Poitevin, le Poitevin Mulassier est rattaché aux chevaux de trait. Grand, calme, élégant et doté de crins ondulés, il arbore des robes variées et inhabituelles, telles que le noir, l'isabelle, ou le gris souris. Son nom, "mulassier", tire son origine de l'aptitude que démontre le Poitevin Mulassier à engendrer des juments. A l'époque, celles-ci sont alors croisées avec des baudets du Poitou, ce qui donne naissance aux mules poitevines, fortes et rustiques.
La fin de la demande de mules après la Seconde Guerre Mondiale entraîne une importante régression de la race. Le Poitevin Mulassier fait d'ailleurs aujourd'hui partie des races de trait les plus menacées. Fort heureusement, les choses bougent et ce beau cheval de trait élargit peu à peu ses fonctions dans l'attelage, le débardage et l'équithérapie. En outre, la nouvelle demande en Mules Poitevines devrait à terme lui permettre de retrouver sa fonction historique.

Le Percheron
Selon la légende, le Percheron est issu d'étalons arabes amenés dans le comté du Perche au VIIIe siècle. Du XVIIIème au XIXème siècle, il est utilisé pour sa capacité à déplacer rapidement les véhicules hippomobiles. Il acquiert alors le surnom de "diligencier", et est employé massivement pour la poste. Avec l'arrivée du chemin de fer, il est utilisé pour tracter de lourdes charges, notamment dans le travail agricole et au labour. Il est donc employé massivement après la Première Guerre Mondiale, puis n'est élevé plus que pour sa viande à partir des années 1970. Le Percheron fait aujourd'hui partie des races de trait menacées de disparition. Pas plus de 20'000 membres n'ont d'ailleurs été recensés dans le monde en 2009.
Ce cheval est grand, puissant et à sang froid. Il est réputé docile et facile à manœuvrer, et est de robe grise. Aujourd'hui, le Percheron retrouve une certaine place en attelage de loisir et pour les activités de débardage, l'élevage pour la viande ne concernant plus qu'un tiers des effectifs. Les éleveurs français tentent en outre d'alléger son modèle pour le rendre plus sportif.

Le Trait du Nord
Le Trait du Nord, autrefois appelé Ardennais du Nord ou Ardennais de type Nord, est un cheval de trait français à sang froid, originaire de la région du Hainaut. Dans les années 1850. il est principalement utilisé pour les travaux agricoles. Le Trait du Nord participe en outre à l'exploitation des mines dans sa région d'origine. Dès 1950, l'électrification des mines et la motorisation de l'agriculture entraînent sa quasi-disparition. Dans les années 1970, il est élevé pour sa viande, et ce jusqu'au grand retour de l'attelage de loisir et de travail. Différentes associations organisent alors sa reconversion dans l'équitation de travail (débardage), et de loisirs (attelage). Les nouvelles naissances chez la race continuent néanmoins à diminuer et ce cheval emblématique de la région du Nord-Pas-de-Calais a l'un des plus faibles effectifs parmi les neuf races de chevaux de trait français. Un plan de sauvegarde entre la région et le syndicat de la race a vu le jour en 2010, avec pour objectif d'augmenter le nombre de naissances. Affaire à suivre...

Le Nonius
Le Nonius (Nóniusz en hongrois) est un cheval carrossier et de selle, originaire de Hongrie. Il tient son nom de son père fondateur, Nonius Senior, un étalon normand. Originellement, le Nonius est utilisé comme animal de trait léger, et comme cheval utilitaire pour l'armée austro-hongroise. Au XIXème siècle, la race reçoit de nombreux prix d'excellence lors d'expositions. Au XXème siècle, ses effectifs s'effondrent. Il est reconnu depuis 1999 par l'UNESCO comme un patrimoine à préserver.

Le Nonius est de robe noire, noir pangaré ou baie, et sa taille varie de 1,45 m à 1,65 m. Le modèle du Nonius est très homogène, avec une encolure épaisse et une tête légèrement busquée, une croupe puissante et les membres solides d'un cheval d'attelage. Destiné durant des décennies aux travaux agricoles, le caractère facile du Nonius a permis sa reconversion en cheval de loisir. La majorité des 500 chevaux Nonius répertoriés en 2012 se trouve désormais à Hortobágy, à Mez?hegyes, et un peu partout en Europe de l'Est.

A noter finalement que cet article répertorie uniquement les chevaux de trait en voie d'extinction. Bon nombre de chevaux de selle sont également menacés...

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