Le mystère du cheval qui tremble, le shivering

Cette pathologie méconnue est due à une affection neuromusculaire. Cette maladie est également connue en français sous le nom de la maladie des tremblements ou le syndrome du trembleur. Cependant c’est le terme anglais « shivering », signifiant littéralement trembler ou frissonner qui est le plus souvent utilisé pour désigner cette maladie idiomatique neuromusculaire.

Bien que décrite depuis maintenant plusieurs décennies, cette pathologie reste néanmoins peu connue et peu étudiée, bien que relativement courante. Plusieurs cas ont déjà été décrit en France et à l’étranger. Il n’est pas rare d’assimiler les symptômes à un caprice de la part du cheval par manque de connaissance pour cette pathologie. Il est également probable de la confondre avec une myosite ou le Harper.

Certaines recherches laissent entendre qu’il y’aurait un lien entre ces myopathies et le shivering.

De façon générale:

Le shivering est une affection neuromusculaire, se manifestant par l’apparition de spasmes involontaires et intermittents des muscles de la région pelvienne. En clair, ces « tremblements » sont observés le plus souvent au niveau des membres postérieurs. Les symptômes peuvent être uni ou bilatéral. Une élévation de queue peut être observé lorsqu’un membre tremble. Le degré d’élévation de la queue varie d’un cas à l’autre.
Très peu de cas clinique rapporte l’atteinte de membres antérieurs.

L’abréviation : « 2HT2S » résume bien les signes cliniques du shivering : Hypertonie, Hyperflexion, Tremblements, Spasticité en Station.

Les symptômes sont très variables d’un cas à l’autre et dépendent du degré d’atteinte du patient, ce qui peut compliquer le diagnostic surtout au début de la maladie. Un examen minutieux est nécessaire afin d’établir le bon diagnostic.

Ces signes apparaissent principalement lors de situations bien précises:

Le reculer
Le curage des sabots postérieurs ou la stimulation du membre
Les virages plus ou moins serrés

Ils à été démontré que les symptômes sont plus fréquent après un long moment à l’arrêt ou à froid en sortant du box.

Les signes cliniques disparaissent lorsque le cheval est en mouvement. La démarche peut être anomale ou dite saccadée pendant les deux ou trois premiers pas. Le cheval ne devrait par la suite plus présente d’anomalie locomotrice.

Il existe tous les degrés d’atteintes.

Les cas légers, en début de maladie vont présenter des légers tremblements au niveau des postérieurs, éventuellement des mouvement anormaux de la queue (une élévation par exemple) ou des simples piétinements.
Les cas plus sévèrement atteints, présentent une hyperflexion et une abduction marquée d’un membre. Afin d’être plus claire : le cheval garde un membre en l’air, en inclinant celui-ci vers l’extérieur. Ce membre restera en l’air quelques secondes parfois un peu plus d’une minute, en tremblant, une fois que le spasme cessera, le cheval posera doucement le membre au sol. Le membre peut dans certain présenter une extension vers l’arrière.

L’atteinte d’autres parties du corps, comme les membres antérieurs reste rare.

Un shivering faciale est décrit, dans ce cas les oreilles, les paupières, les lèvres et les joues peuvent présenter des contractions spasmodiques.

Un cheval atteint de plusieurs membres peut avoir des difficultés à se reposer sur les autres membres et ainsi à donner le pied lors des soins par exemple. Si le cheval est ferré il serait peut-être préférable dans la mesure du possible, le passer aux pieds nus afin d’éviter le stress et l’immobilisation du ferrage.

Le diagnostique repose donc principalement sur un examen clinique minutieux associé aux antécédents et à l’historique du patient (difficultés à donner le pied).

Comme évoqué plus haut, il est important mais également compliqué de distinguer le shivering d’autres pathologies neurosmusculaires.

D’autres examens tels qu’un bilan sanguin, une échographie musculaire, electromyogramme ne s’avère que très peu concluants. La palpation transrectale s’avère être un bon examen complémentaire à réaliser en cas de doute. En stimulant le nerf sciatique (droit ou gauche) pendant cette examen, un spasme peut être déclenché sur le membre (correspondant au côté stimulé).

Certains facteurs peuvent aggraver l’évolution de la maladie. Une fois supprimé il est possible de voir une diminution de l’apparition des spasmes.

L’immobilisation du cheval (un cheval vivant au box) est à proscrire.
La douleur mais également un entraînement trop violent ou inhabituel aggravent fortement les signes. Attention lors de la pose de bandage ou de protection sur les membres atteints.
Le transport sur de longues distances ou des sols inappropriés (glissant par exemple) peuvent également accroitre l’apparition des symptômes.
Le froid n’est pas bénéfique. Un cheval au pré en hiver devra être couvert et les douches froides sur les membres atteints sont à proscrire.
Enfin le stress ou l’excitation augmente de façon considérable les signes cliniques. Des études rapportent que lors de soins stressants tel que le parage/la ferrure/les soins des membres atteints, il peut être bénéfique de tranquilliser le patient.
Ces facteurs aggravants ont un point commun: ils sont tous à l’origine d’une stimulation nerveuse du membre.

De nombreuses études ont montré une certaines prédisposition génétique chez les chevaux de trait et particulièrement les chevaux de trait belges. Toutes les autres races peuvent être atteinte mais de façon moins fréquente. Les poneys seraient quasiment épargnés.

Par ailleurs, sans prédisposition raciale, les chevaux dépassant les 1m80 au garrot seraient plus fréquemment atteint de cette maladie. Ceci coïncide avec l’atteinte peu fréquente des poneys.

Concernant l’atteinte en fonction de l’âge, cela fait débat encore aujourd’hui.

Afin d’améliorer l’état et le confort du patient atteint de cette pathologie, il est possible de :

Lui donner de l’espace. Assurer des sorties longues, quotidiennes et régulières au paddock. L’autre solution serait de faire vivre le cheval au pré, l’objectif étant d’éviter l’inactivité. Le pré ou le paddock devrait être adapté, un pré en pente n’est pas conseillé pour un cheval atteint de shivering.
Augmenter et inciter au mouvement. Un compagnon (équidé, chèvre ou autres animal avec lequel celui-ci s’entend bien) peut être une bonne solution afin d’encourager les déplacements du cheval. Il est possible de placer la boisson et la nourriture à l’opposé l’un de l’autre dans le pré. Créer à l’aide des clôtures un labyrinthe dans le pré peut également favoriser l’activité du patient.
Empêcher le cheval d’avoir froid. En hiver, il est préférable de couvrir les chevaux atteint de shivering. Éventuellement de le rentrer à l’abri pendant les jours de grand froid.
Continuer ou recommencer le travail, la faiblesse musculaire n’est pas favorable. Un entraînement régulier mais pas trop violent maintient le tonus musculaire. Tout en tenant compte de l’état du cheval, maintenir un travail régulier est primordial. Cette pathologie n’est pas une condamnation pour les chevaux de sport de haut niveau, il est seulement conseiller d’apporter quelques modifications à la vie du cheval au quotidien. Si le cheval n’a pas été travailler jusqu’à la, il est préférable d’y aller progressivement, en prolongeant le temps du travail et la difficulté des exercices demandés. Tout cela doit se dérouler sans stress ni douleur.
L'anxiété et les situations stressantes sont à proscrire. Le transport devra être court et dans un véhicule confortable.
Consulter un ostéopathe. Cela n’arrangera pas la maladie, mais apportera du confort au cheval en évitant des douleurs qui pourrait apparaître.
Une alimentation équilibrée, riche en Vit E, B12 selenium et graisse mais pauvre en glucide.
Un cheval ferrer devrait être déferrer et rester pieds nus, surtout sur les membres atteints. Ceci permettant de supprimer le stress liant au ferrage. Si le cheval est trop sensible une fois pieds nus, il est possible de mettre des hyposandales.

L’évolution d’un patient atteint de shivering est très variable d’un cas à l’autre et donc malheureusement imprévisible. Dans la majorité des cas, les symptômes se stabilisent et n’évoluent pas. Le pronostique vitale sportif, comme dit plus haut, est assez favorable.

Des cas rares de rémission ou d’amélioration sans traitement particulier ont été décrit.

L’évolution rapide est assez rare, mais les conséquences sont souvent fatales.

Dans les cas d’évolution négative, le cheval peut devenir impossible à ferrer, entraînant des difficultés de locomotion du à l’atteinte de l’arrière-train.

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